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Chute de la production, ports bloqués : l’effondrement des exportations céréalières ukrainiennes s’aggrave

L’Ukraine, quatrième exportateur mondial de céréales, a vu ses exportations s’effondrer de plus de moitié depuis le début du mois de mai faisant craindre de graves conséquences pour les pays les plus dépendants, notamment ceux d’Afrique. Face au risque de pénurie, l’Union européenne se mobilise pour débloquer les ports où se trouvent des millions de tonnes de ces matières premières.

Le grenier à blé du monde a bien du mal à remplir sa mission. L’Ukraine, plus grande surface agricole européenne et qui produit 80 millions de tonnes de céréales et d’oléagineux par an dont plus de 65% sont exportées, a vu ses exportations chuter ces derniers mois.

Elles se sont en effondrées de plus de moitié depuis le début du mois de mai par rapport à l’an dernier, selon les statistiques publiées jeudi par le ministère de l’Agriculture. Elles sont revenues à moins de 300.000 tonnes contre 667.000 tonnes à la même période en mai 2021, un volume qui dépasse néanmoins celui enregistré sur l’ensemble du mois de mars, le premier mois complet après l’invasion du pays par l’armée russe, le 24 février. Avant cette date, le pays exportait jusqu’à six millions de tonnes de céréales par mois. Il était, au cours de la saison 2020-2021, le quatrième exportateur mondial de céréales, essentiellement en Chine, en Afrique et en Europe, selon les données du Conseil international des céréales. Le pays est aussi l’un des principaux producteurs d’huile de tournesol.

Inflation du prix du blé

Cette baisse de régime pourrait avoir de graves conséquences pour les régions les plus dépendantes de la manne céréalière de l’Ukraine comme l’Asie-Pacifique, l’Afrique subsaharienne, le Proche-Orient et l’Afrique du Nord et fait craindre des émeutes de la faim. Au total, « 45 pays africains et pays les moins avancés importent au moins un tiers de leur blé d’Ukraine ou de Russie – 18 de ces pays en importent au moins 50%. Cela comprend des pays comme le Burkina Faso, l’Egypte, la République démocratique du Congo, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen », indiquait le chef de l’ONU, Antonio Guterres. Au manque de ressource, s’ajoute une inflation de ces matières premières telles que le maïs, les oléagineux ou encore les engrais. Le prix de la tonne de blé dépasse les 400 euros, soit plus qu’en 2008, au plus fort de la crise alimentaire mondiale de 2008, quand la tonne atteignait 300 euros. « La guerre en Ukraine signifie la faim en Afrique », avait alerté mi-mars la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, sur CBS News.

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